Les massages, une tradition ancrée
Les thaïs sont très connectés à leur corps. Autant, ils restent discrets à l’oral au sujet des choses personnelles, autant la libération des douleurs et des émotions passe par le corps. Il y a une tradition de massage chez les thaïs, bien ancrée… Partout !
Installés dans le jardin, sur un matelas, il n’est pas rare de les voir se masser entre eux ; ils sont durs à la douleur alors ils y vont de bon cœur et n’oublient aucune partie du corps.
Ils sont également très inspirés de la culture chinoise. Ils se frottent le dos, la nuque avec des huiles essentielles pour enlever la fièvre ou les douleurs musculaires. On les voit alors marquer de ces traits rouges prononcés suite aux frottements qui aident à « chasser le mal ».
Ces soins font partie de leur quotidien ou presque !

Le massage thaï, une solution ?
Ayant eu une longue période de fortes douleurs lombaires, j’étais fatiguée et désarmée. Les médicaments faisaient effet un temps ; mais cela ne pouvait pas être solution durable … Je devais trouver une alternative. Il ne me restait plus qu’à me jeter dans le bain.
J’avais pourtant longtemps repoussé l’option massage, sachant que les thaïs n’y vont pas de main morte. Une douleur doit être enlever avec force ; cela doit circuler franchement… Plusieurs étrangers m’avaient dit avoir essayer une fois… Pas deux ! Certains thaïs en ont même peur.
Et pourtant, « courageusement », j’ai franchi le pas… Et j’en suis très heureuse. Car quelle expérience !
L’expérience massage thaï
Ma première surprise en trouvant une masseuse à quelques rues de là, fut le manque d’intimité dans l’installation.
Il s’agit souvent d’une cahute ouverte en bambou sur laquelle il y a un grand matelas. Cela se passe dehors, famille et amis autour ; chacun vaque à ses activités sans problème. Alors, durant toute la séance, ça parle fort, ça coupe des arbres, ça bricole, ça construit, ça rigole… Parfois même, tout le monde s’agglutine autour et regarde, amusé, la souffrance sur nos visages. Le petit fils de la masseuse est même venu me chatouiller les pieds. En gros, la vie ne s’arrête pas comme c’est le cas dans notre schéma à nous de bons massages bien-être: chacun bien bercé d’une petite musique douce et de jolies bougies. Ici on traite un problème : pas besoin d’en faire tout un cinéma – il faut faire le job !
Alors, au début, j’avoue, cela fait bizarre… Et puis on s’y habitue. On y prend même du plaisir. Et personnellement, cette vie autour est pour moi une distraction qui me permet parfois d’oublier le mal que je ressens.
Durs à la douleur
Wikipedia spécifie ceci : « Il existe deux grands types de massage thaï : le style de la Cour et le style du peuple. Pour le premier, seuls les pouces sont utilisés, tandis que les pouces, les genoux, les coudes et les pieds sont utilisés pour le style du peuple »
Vous l’avez dans le mille : ce n’est pas le massage royal que j’ai reçu !
Non, ici on y va avec joie… et force ! un coude sur le fessier, des doigts plantés profond dans la nuque, un genou dans le dos, … et pourquoi ne pas nous marcher dessus aussi ? Bref, tout le corps y passe : des oreilles au petits doigts de pied. On dénoue en profondeur, on aide l’énergie à circuler.
Et puis, certains ont d’autres techniques tout aussi « chaleureuses et tendres ». Ils nous tordent dans tous les sens, font craquer, font chauffer. C’est le cas de ce birman que j’ai également visiter à plusieurs reprises. D’abord, il faut imaginer le personnage : chiquant sans cesse ses herbes de betel et la noix d’Arec (celles qui rendent les dents rouges), cheveux blanc et barbe de plusieurs jours. Lui, il fait des massages depuis toujours !
Alors, allongée à même le sol dans sa maison en bambou, je sue, je crie, je mords mes manches, tant cela est douloureux… Et cela fait rire les autres birmans qui me regardent ! Car ses mains appuient toujours là où cela fait mal. Il ressent les choses comme personne. Cette expérience, aussi douloureuse soit elle vaut la peine d’être vécue car au final on se sent tellement mieux!
Les gens d’ici sont habitués à ces touchés forts, intenses. En vrai, ils sont habitués à serrer les dents de manière générale, que ce soit dans le travail physique ou dans les douleurs psychologiques.
Le massage thaï : un apprentissage dès le plus jeune âge et parfois spirituel
Nous sommes dans une autre culture avec d’autres obligations. Ces massages sont souvent enseignés de parents à enfants. On apprend sur le tas. Pas de diplôme : le temps et la pratique font tout.
Et puis, parfois il y a la rencontre de cette personne « connectée », différente. Sa table de « soin » est au milieu de ses machines, ses clous, ses vis. Et puis, elle fait des prières et des pratiques dites chamaniques. Qu’on y croie ou pas, cette personne ne réclame pas d’argent et n’est en cela pas un charlatan. Son regard, son « diagnostic » est bluffant. Nous ne parlons pas la langue, il ne connait rien de moi, et pourtant il sait où se trouvent mes douleurs et mes soucis de santé. En quelques secondes, il libère des maux que j’ai depuis des années. Assez incroyable !
Merci
Alors ce mal de dos, je l’ai haï, tant il me gâchait la vie. Et pourtant aujourd’hui, je dois lui dire merci. Car sans cela, je serai restée chez moi, sans jamais découvrir cette part des gens d’ici. Cette part qui est aussi la mienne en France : le toucher, le massage.
Après plus de 6 séances (tout de même !!!) de soin chez le birman, chez ma masseuse et chez le chaman, aujourd’hui, mes douleurs sont parties. Quelle joie ! Et, pourtant, je continuerai à visiter ces personnes régulièrement. Tout d’abord, parce que c’est le message que je prône au quotidien en France : mieux vaut prévenir que guérir . Qu’on le veuille ou non, à partir de la quarantaine, il y a des transformations profondes à accompagner; un équilibre à retrouver. Et puis, aller les voir me permet aussi de continuer à apprendre d’eux, de leurs techniques, de leurs intuitions.
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