Bénédictions

Tellement de bénédictions !

Ce qui est assez extraordinaire lors de nos visites des anciens et des personnes isolées du village : les femmes nous touchent au sens propre. Elles imposent leurs mains sur nos têtes ; elles enveloppent nos mains dans leurs mains. C’est assez étonnant de rencontrer ces femmes si joyeuses ! Elles nous disent un tas de mots dans le dialecte « Akha » que nous ne comprenons pas. Mais nous découvrons rapidement une expression qui revient régulièrement « Yo Mu Sa do dé ». Ce qui veut dire « Good luck, have a good one ». Le toucher est sincère, puissant. D’ailleurs, nous avons été témoins de ces bénédictions à bien d’autres occasions. Par exemple, lors de la fête des mamans fin août, les familles avaient préparé des fleurs par milliers et tous les enfants étaient invités dans un premier temps à rendre hommage à leur mère et grand-mère. Nos enfants ont suivi ce mouvement ! Les mères bénissaient leurs enfants. Beaucoup, émus pleuraient par ce geste. C’était sincèrement beau et touchant !

Puis les mamans sont allées elles-mêmes se rendre hommages les unes aux autres. A cet instant, nous sommes rentrés dans une autre dimension : entre femmes, il y a la reconnaissance de la vie donnée. On sait ce que c’est d’être mère : alors on rend hommage ; on sait le pouvoir d’amour de la mère : donc on bénit !

Bénir ?

Bénir n’est pas une pratique courante en France dans notre quotidien. A moins qu’on ne rentre dans la sphère religieuse. D’ailleurs, nous ne savons plus trop ce que cela veut dire dans notre société. Vaguement, nous imaginons un truc spirituel.

Finalement, ici nous découvrons que c’est un geste très simple : c’est une salutation, une reconnaissance. On couvre d’amour son enfant, sa famille avec ses mains. Il y a l’intention et le geste.

Des bénédictions, on en voit partout ; on en entend partout. Cela ne sonne pas creux : « God bless you » nous dit Krou (teacher) Beam quand on quitte l’école de PaWaï. Les adultes posent gentiment leurs mains sur la tête de nos enfants ; la tête étant sacrée. Puis ce sont les prêtres aussi qui bénissent, toujours et partout : une nouvelle maison, un décès, un couple qui veut se marier, une personne malade, des médailles données aux enfants… Chrétiens ou pas, les personnes aiment ce geste qui est rassurant et positif.

Un geste qui crée du lien !

Dernièrement, nous avons demandé à la communauté de porter dans ses prières nos familles ainsi que notre petite famille, pour qu’elle grandisse et que nous donnions le meilleur de nous-mêmes aux personnes qui en ont le plus besoin pendant notre année de mission. A la fin de ce temps partagé qu’on appelle le « rosaire », une centaine de personnes présentes est venue nous bénir, nous serrant la main fermement avec un petit mot gentil. C’était une folie douce et joyeuse : que de sourires, des rires même, des mains serrées fermement créant entre chacun de nous un lien véritable.

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A bientôt, Camille

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