Bibi

Bibi change soudainement.

Bibi est une petite fille que nous voyons après l’école, lors des cours d’anglais du soir qui ont lieux sur notre lieu de mission. Nous avons fêté ses 12 ans à notre arrivée. Adoptée, elle a perdu ses deux parents il y a quelques années.

C’est une jeune fille que nous avons toujours vue souriante, discrète mais aussi mélancolique. Un peu dans son monde. Nous l’avons toujours connue comme cela.

Les pères quant à eux, la connaissent depuis toute petite. Ils semblent être très inquiets car elle a changé brutalement cet été. D’une petite fille joyeuse et dynamique, il ne reste qu’une enfant morne, ailleurs, repliée sur elle-même. Ils craignent un traumatisme, une agression, un soir de fête chez une amie. Ils mènent leur enquête. Mais ça piétine ; ça ne colle pas. Bibi ne parle pas.

Deux rendez-vous à l’hôpital ; Bibi est à chaque fois renvoyée chez elle. Alors, les pères tentent une rencontre avec une sœur. Entre femmes peut-être que la parole pourrait se délier ? Toujours rien. Je me souviens un soir : le père Alex me demande de la prendre avec moi à un atelier dessin afin d’essayer de la faire parler, de lui faire dessiner quelque chose, de l’observer. Elle sourit, dessine peu, si ce n’est un petit cœur ; elle semble parfois présente et puis plus rien : les yeux dans le vague.

Le Père Alex sent que quelque chose ne va pas. Il retourne à l’hôpital et insiste pour faire des examens. Un médecin prend finalement le sujet au sérieux et décide d’envoyer Bibi faire une série d’examens sur Mae Sot, à 1h d’ici.

Bibi à l’hôpital

Les premiers examens sont alarmants : Bibi a une poche de liquide très importante au niveau du cerveau ! Elle doit être opérée d’urgence ! Puis, subir d’autres examens plus approfondis. Cela ne se fera pas sur Mae Sot. Il faudra faire 3h de route de plus pour atteindre Pitsanulok

Quelques jours plus tard, 6h d’opération, des prélèvements sont faits, Le père de Bibi nous raconte l’attente interminable, les nuits blanches, le grand stress du papa envers son enfant de 12 ans !

En tant que parents, nous ne pouvons rester insensibles. Nous décidons donc de créer un petit « panier douceurs » pour Bibi. Les enfants de la communauté font une activité créative un soir : des dessins, des mots doux, des gâteaux pour leur petite amie. Ce panier lui sera remis comme un flash de vie !

Finalement le couperet tombe : Bibi a une tumeur au cerveau. Les médecins veulent tenter un protocole ; c’est risqué, cher, mais cela reste un chemin de vie. 7 semaines de traitement durs annoncés. Ça discute, on y croit, la famille de Bibi et Bibi décident de se battre ; ils seront soutenus par l’Association « Enfant du Mekong » pour financer tout cela !

Bibi en chimiothérapie

La thérapie démarre le 30 septembre, 8 jours plus tard. En attendant, nous décidons de faire l’Aller-Retour pour la ramener auprès de ses amis pendant ces quelques jours avant de retourner à l’hôpital.

Les enfants passent la voir au compte-goutte, une petite messe d’envoi s’organise chez elle dans sa chambre. Au moment de prendre la route, Bibi pleure sans bruit dans la voiture et discrètement passe sa main sur son visage.

Nous restons branchés sur le Père de Bibi qui accompagne sa fille depuis le début : les nouvelles sont celles d’une enfant en cancérologie : souffrances et vomissements. Peut-être que la maladie, le cancer commence à être éradiqué ? Pas un jour sans que nous pensions tous à elle : avant et à la fin des repas, durant les prières avec les enfants de la paroisse ; même quand nous sommes à Umphang, les 50 enfants de là-bas ont une pensée pour elle – certains la connaissent.

Une pause de traitement est annoncée pour 1 semaine à la mi-octobre, c’est une nouvelle opportunité pour elle de revenir à son village! Nous allons la chercher et la ramenons en voiture. Une belle entraide pour les trajets se met en place.

Soutenir Bibi

Nous savons tous que les prochaines semaines seront très difficiles pour elle et ses proches. Nous connaissons les dommages collatéraux, les effets secondaires qu’une chimiothérapie peut générer. Mais c’est également une chance de survie pour elle, pour sa famille. La science est là pour elle. Il faut évidemment prendre le risque… Quand on peut être soutenu et quand on supporte les effets sur son corps. Nous continuerons à accompagner Bibi et sa famille dans les prochains mois. Et vous y participez par vos dons en soutenant le « Projet D – aides d’urgence et de quotidien ». Merci à vous !

Soutenir la mission et nous contacter

Pour soutenir les projets de la mission, contactez-nous sur nos adresses mail:

A bientôt, Camille

Revenir à la page d’accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut